Une nouvelle catégorie de femmes d’affaires voit le jour. Connue sous le nom de « mompreneur » ou « mamanpreneurs », elles sont plus de 7 millions aux Etats-Unis et rapportaient à l’économie 2 000 milliards de dollars en 2010.

Lorsqu’on lit les témoignages de nombreuses mamanpreneurs, au delà de l’expérience, des compétences ou de l’histoire personnelle, ce qui revient quasiment toujours sur la motivation initiale, c’est le besoin de pouvoir s’épanouir autant professionnellement que personnellement, en conciliant la vie de chef d’entreprise et les préoccupations d’une maman. Etre une mompreneur – une maman chef d’entreprise – est avant tout un état d’esprit. Actrices à part entière du monde économique, elles font le choix de travailler pour leur propre compte en créant leur propre entreprise. Du même coté, elles font attention à garder un équilibre entre leur vie personnelle et professionnelle. Par là, elles cherchent à prouver qu’élever des enfants et réussir en affaires devient tout à fait possible.

Le phénomène des « mompreneurs » est apparu aux Etats-Unis au début du millénaire. Au printemps 2010, il existait environ 7 millions de mompreneurs américaines au qui généraient 2 000 milliards de dollars. D’autres statistiques déclarent que des 500.000 vendeurs indépendants de ebay, la plupart sont des mères de famille. La promotion de l’internet et la vulgarisation de l’entrepreneuriat ont contribué à l’émancipation de ces mères au foyer, les poussant du coup à la recherche de cette autonomie malgré les contraintes imposées par leur statut. Encore, les nouveaux modèles économiques accordent plus de souplesse à l’organisation de leur travail ce qui convient parfaitement aux besoins de beaucoup de mamans.

Alors qui sont ces mamanpreneurs ?

La création d’entreprise résulte d’une vraie volonté qui se concrétise souvent lors de la grossesse, période donnant aux femmes le temps de mûrir leur projet professionnel. D’après un forum sur les mompreneurs, on a pu recueillir certaines informations sur ces catégories de femmes :

  • Agées de 25 à 40 ans en moyenne, elles sont généralement diplômées
  • 79 % des mompreneurs ont le désir d’être indépendantes.
  • 62 % créent leur entreprise pour avoir plus de flexibilité dans leurs horaires de travail.
  • 58 % reconnaissent toutefois des difficultés à concilier vie professionnelle et vie familiale.
  • Parmi ces nouvelles créatrices d’entreprises, 86 % acceptent de travailler chez elles le week-end ou en soirée, contre seulement 54 % des non-créatrices.

Les mamanpreneurs montent des entreprises selon deux tendances : soit elles profitent de leur maternité pour travailler dans un secteur où elles étaient auparavant salariées soit la maternité éveille chez ces créatrices des idées liées à la femme, à la petite enfance.

Mais est ce si facile et idyllique d’être une mamanpreneurs ?

Une cofondatrice du réseau mamanpreneurs France et créatrice d’entreprises estime que monter sa boîte et travailler à la maison n’est pas accessible à tout le monde. A cause de l’intensité des obligations maternelles que ça impose, la moitié des entreprises mettent la clé sous la porte au bout de trois ans. Si l’aventure tourne court, la mamanpreneur devra retourner sur le marché du travail…qui ne l’attend pas forcément.

Le terme « mamanpreneur » peut également avoir ses cotés péjoratifs. Brigitte Grésy, auteur d’un rapport sur la parentalité en entreprise, s’hérisse devant le mot mamanpreneur « L’étiquette mompreneur est suspecte. Le mot sous-entend qu’une femme crée une entreprise d’abord parce qu’elle a des enfants. Que c’est une activité d’appoint, un petit boulot à la maison. Est-ce qu’on parle de dadpreneurs pour désigner les pères qui créent une entreprise, même s’ils travaillent chez eux ? Non, bien sûr. Le terme mompreneur assigne la créatrice d’entreprise à sa fonction de mère, il la ghettoïse. »

Comment les mamanpreneurs évoluent en Haïti ?

En Haiti, il existe aussi bien des femmes-mère au foyer à la tête de quelques entreprises. Leur quotidien n’est pas différent de celui des autres mamanpreneurs ailleurs. Avec les particularités bien connues de notre société, on imagine qu’elles doivent vivre mais leur quotidien n’est pas différent de celui des mompreneurs ailleurs. Le plus dur, c’est de garder l’équilibre. Si on reste concentré sur le travail, on perd de vue la progression de ses enfants. Si on se met à les pouponner, l’entreprise risque d’en souffrir. Même quand il devient difficile de trouver le juste milieu, elles arrivent à concilier ces deux éléments de fort belle manière en impliquent leurs enfants dans leurs projets.La culture entrepreneuriale dans la famille est donc transmise de très tôt.

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