L’entrepreneuriat est le buzzword des affaires de nos jours. On l’entend dans les conférences, dans les séminaires, dans les discours officiels et tel un « tchala », reste imprimé dans les mémoires, particulièrement chez les jeunes intrigués par la saveur aigre-douce inspirée par la nouveauté de ce terme. Quant aux hommes d’affaires actuels, ce sont des vieux de la vieille très imbus de ce domaine et en font même un mode de vie. Autour de ce brainstorming sur l’entrepreneuriat, un terme voisin s’est glissé aussi dans les esprits ; l’intrapreneuriat.

Avez-vous déjà entendu parler d’intrapreneuriat ? C’est un terme management assez récent, attribué à Gifford Pinchot, un entrepreneur américain. Beaucoup de chercheurs n’arrivent pas à trouver de consensus sur une définition universelle du mot « intrepreneuriat », faisant état des diverses interprétations possibles entourant son usage mais pour l’expliquer de façon très simple, l’intrapreneuriat est décrit comme une attitude entrepreneuriale adopté par un individu travaillant dans une organisation. D’une manière générale, cela signifierait qu’un employé montrerait des qualités managériales et stratégiques au sein de son unité et comme un vrai entrepreneur, chercherait à développer ou rentabiliser son service.

Selon cette définition, l’intrapreneuriat et l’entrepreneuriat semblent tout à fait similaire mais quelques éléments créent une frontière entre ces deux concepts. En premier lieu, il y a la question de propriété légitime et financière. En effet, considérant que l’intrapreneur n’est qu’un employé, il ne détient aucun retour financier sur ses efforts à part son salaire et n’est pas identifié comme un propriétaire. Par ailleurs, un concept d’indépendance et d’autorité fait clairement la distinction entre les deux. Ainsi, un entrepreneur travaille pour son propre compte et impose ses idées, contrairement à l’intrapreneur ou celui-ci suit la ligne de l’organisation où il évolue. Déjà, le préfixe « intra » signifiant « à l’intérieur » fait référence à cette spécificité de l’intrapreneuriat de ne se pratiquer qu’à l’intérieur d’une entreprise. Pour conclure, là ou l’entrepreneur risque ses avoirs financiers, l’intrapreneur risque sa crédibilité. A comparer ces deux termes, on se rend compte qu’il s’agit de deux personnes aux buts différents mais travaillant ensemble vers des objectifs assez communs.

A cet instant, les questions suivantes peuvent vous venir à l’esprit : au sein d’une organisation, qui peut être intrapreneur et que fait-il généralement ? L’intrapreneuriat ne s’adresse pas à quelqu’un de spécifique dans la hiérarchie organisationnelle d’une entreprise. Un cadre comme un agent peut correspondre au terme « intrapreneur ». A noter que l’intrapreneuriat n’est pas une fonction à part entière qui va se greffer aux attributions de l’employé. Il s’agit plutôt d’une initiative personnelle démontrée généralement par un individu faisant preuve de créativité et d’innovation.

Généralement, les intrapreneurs présentent un profil particulier. Les spécialistes soulignent que son rôle est à cheval entre celui du gestionnaire et de l’entrepreneur. On note qu’il dispose assez souvent d’une certaine autonomie dans ses fonctions par rapport à ses autres collègues. En termes de caractéristiques professionnelles, ce dernier est proactif, nourrit des aspirations allant au delà de ses capacités actuelles, partage l’esprit d’équipe, a la capacité de résoudre les dilemmes et possède une capacité d’apprentissage rapide. Il fait preuve d’un rythme régulier, au-dessus de la moyenne, dans ses tâches et a l’endurance pour relever les positions futures les plus exigeantes. Pour l’entreprise, un employé comme celui-ci est un actif.

En effet, un membre de l’entreprise épousant ces qualités est perçu par les supérieurs, ou le patron par extension, comme un bras droit. On lui fait confiance et en cas d’absence, on se remet entièrement à sa gestion. A plusieurs égards, il est considéré à grimper dans la pyramide organisationnelle mais son développement n’est pas vu que du bon côté. Ce sont entre autre, les freins à l’intrapreneuriat, qui se présentent sous trois formes: l’omniprésence, l’omnipotence et l’égotrophie. Le premier désigne la présence du dirigeant dans toutes les décisions de l’entreprise; le second, la centralisation de tous les pouvoirs entre ses mains et le dernier, le sentiment d’être indispensable et de tout ramener à sa personne. La réunion de ces facteurs entrainent bien souvent une exploitation de l’intrapreneur par ceux placés au dessus de lui dans la pyramide. Vu les bienfaits que procure l’intrapreneuriat au sein de l’entreprise – plusieurs spécialistes soutiennent que cette pratique améliore les performances fiancières et commerciales de l’entreprise – adopter un comportement pareil serait néfaste pour l’entreprise, voire anti-managériale en termes de gestion des ressources humaines. D’un côté, l’intrapreneur ne chercherait plus à développer son potentiel au sein de l’entreprise et irait voir ailleurs. D’un autre côté, pour le reste du staff, il les pousserait tout simplement à ne pas exprimer d’ambitions intrapreneuriales.

Un chef d’entreprise avisé traite l’intrapreneuriat différemment en intégrant un « corporate entrepreneurship » à sa structure organisationnelle, i.e. mettre en place un contexte incitatif à l’intrapreneuriat. Un intrapreneur est le type parfait d’employé modèle et le patron gagne tout à le garder mais il demeurt essentiel que ce dernier tienne compte des besoins de l’employé. La façon la plus courante de retenir cette personne clé est de créer un sens de propriété et de confiance. Soit en accordant la possibilité d’avoir des parts dans la société, soit en augmentant ses responsabilités dans les opérations de l’entreprise. Par la suite, en communicant les valeurs et la stratégie de l’entreprise, la machine intrapreneuriale devient entièrement fonctionnelle.

Manager, cadres et PDG, pensez à faire un peu de place pour l’intrapreneuriat. L’innovation et la compétitivité suivront à leur tour.

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