Ce lundi 15 Juin 2015, a été lancée officiellement la conférence « Business Future of Americas 2015 », à l’Hôtel Marriott de Port-au-Prince. Pour la première fois, Haïti reçoit cette conférence régionale de grande envergure, qui crée à chaque fois, un espace propice d’échange et de pourparlers entre les 23 entités faisant partie de l’Association des Chambres Américaines de Commerce de L’Amérique Latine et des Caraïbes (AACLA). Le thème choisi pour cette édition est tout aussi important pour Haïti que pour la région: « Les investissements de la diaspora en Amérique Latine et dans les Caraïbes. »

A la cérémonie de lancement, madame Régine Labrousse, directrice du comité organisateur, et monsieur Philippe R. Armand, président de l’AmCham-Haïti, ont souhaité la bienvenue aux invités tout en soulignant l’importance de l’évènement dans le processus de vendre une autre image d’Haïti à travers le monde. Puis, le jeune chanteur Michael Benjamin, dit Mikaben, a eu l’honneur d’entonner les hymnes nationaux d’Haïti et des Etats-Unis d’Amérique, avant de reprendre son titre phare « Ayiti se », accueilli avec émotion par l’assistance.

Deux officiels haïtiens ont aussi pris la parole en la circonstance au nom de l’Etat. Il s’agit de la ministre du tourisme, madame Stéphanie Balmir Villedrouin, qui a pris le temps de présenter les différentes avancées réalisées par son équipe dans l’établissement d’une politique touristique efficace, visant à vendre Haïti autrement et à attirer les touristes ; et de son Excellence Monsieur Evans Paul, Premier ministre du pays hôte, qui a eu le privilège de souhaiter la bienvenue aux différents participants et de déclarer officiellement lancée la conférence.

Après la courte cérémonie de lancement, on est passé directement aux différents panels. Parmi les plus importants pour la première journée figuraient celui du Ministre de l’Economie et des Finance, M. Wilson Laleau qui tablait sur le thème : « Financer le développement : l’expérience d’Haïti avec sa diaspora » et celui de l’ex-président de la Bolivie, monsieur Jorge Quiroga. Ce dernier a offert une présentations de haut niveau, captant l’attention de l’assemblée du début à la fin.

Monsieur Quiroga a alerté Haïti sur son système économique. Selon lui, le problème de l’économie haïtienne est qu’elle repose principalement sur :

  • les transferts de la diaspora, utilisés pour la consommation et très peu en investissement. Ils représentent 25% du PIB, transitent à travers le pays avant d’aller rejoindre les caisses de nos principaux fournisseurs de produits, dont les Dominicains et les Américains.
  • l’aide internationale, présente partout et qui paralyse toute tentative de relève économique téléguidée par l’Etat.
  • PETROCARIBE qui, en plus d’aider, endette.

Il a souligné qu’avec une telle économie, « il est difficile de croire en une possibilité de développement durable et de croissance soutenue. » Il conseille aussi l’électorat haïtien et les divers leaders d’aller aux élections cette année avec en tête «  la priorité de trouver des solutions viables pour mieux définir les piliers de l’économie locale ».

Toujours selon monsieur Quiroga, « le plus grand capital dont nous disposons en Amérique Latine et dans les Caraïbes, c’est une quantité énorme de personnes talentueuses qui, désirant travailler pour avoir une meilleure vie, ont dû émigrer vers les pays du nord, au risque de s’éloigner de leur pays, de leur famille, de leurs amis et de tout ce qui fait leur identité. » Ces personnes sont non seulement une source constante de fonds via les transferts mais aussi un réservoir, sans cesse grandissant, de savoir et de connaissances nouvelles que l’on peut utiliser pour stimuler le développement durable avec des politiques d’intégration adéquates.

Il ajoute que dans la région, « nous disposons d’une convergence au niveau des réseaux de communication mobile, de systèmes de transfert électronique de fonds et de micro-crédit, qui sont, par ailleurs les ingrédients essentiels à la mobilisation des masses pour la transition du système basé sur la « charité » vers un autre axé sur « l’exploitation de capitaux ». C’est simple à dire, a-t-il ajouté, mais compliqué à réaliser. Si on y arrive, ce sera la plus grande mobilisation de ressources pour le développement durable de tous les temps dans la région. »

Rappelons que « Business Future of Americas 2015 » se tiendra toujours à l’Hôtel Marriott jusqu’au 17 Juin 2015. La troisième et dernière journée sera réservée essentiellement aux débats autour du thème : « Faire des affaires en Haïti ». Cet événement est une opportunité unique de rencontrer des potentiels partenaires nationaux et étrangers et de discuter de possibilités d’affaires. L’équipe organisatrice réitère, en ce sens, son invitation à tous les hommes et femmes d’affaires du pays et de la diaspora.

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